Attention et concentration : maintenir l’engagement des apprenants
Pourquoi l’attention est-elle essentielle ?
Pour apprendre, il faut d’abord être attentif.
Un participant peut être physiquement présent dans une salle de formation ou connecté à une classe virtuelle sans pour autant être réellement disponible mentalement.
Son attention peut être détournée par de nombreux éléments :
- les notifications de son téléphone ;
- ses e-mails ;
- une préoccupation professionnelle ;
- la fatigue ;
- un contenu trop complexe ;
- une présentation trop longue ;
- un manque d’intérêt pour le sujet.
Le rôle du formateur n’est donc pas uniquement de transmettre des informations. Il doit également créer les conditions permettant aux participants de rester attentifs.
L’attention n’est pas constante
Il est difficile de rester concentré pendant une longue période sans interruption.
Une formation composée de plusieurs heures d’explications successives risque donc de provoquer progressivement une baisse de l’attention.
Cela ne signifie pas qu’un formateur doit interrompre son intervention toutes les quelques minutes.
En revanche, il est utile de faire varier régulièrement la manière dont l’apprenant interagit avec le contenu.
Par exemple :
Explication → Exemple → Question → Démonstration → Exercice → Correction
Le changement d’activité contribue à relancer l’attention.
Donner immédiatement du sens
L’attention augmente lorsque le participant comprend pourquoi l’information présentée est utile.
Avant de commencer une nouvelle séquence, le formateur peut donc expliquer :
- ce que le participant va apprendre ;
- pourquoi cela est important ;
- dans quelle situation il pourra l’utiliser.
Par exemple, plutôt que de commencer directement par une explication sur les techniques de questionnement commercial, le formateur peut annoncer :
« Cette méthode va vous permettre d’obtenir davantage d’informations lors de vos premiers rendez-vous clients et d’éviter de proposer trop rapidement une solution. »
Le participant comprend alors immédiatement l’intérêt de la séquence.
Éviter les longues séquences descendantes
Une présentation descendante peut être nécessaire pour expliquer certaines notions.
Mais lorsqu’elle devient trop longue, l’apprenant peut progressivement devenir spectateur.
Pour éviter cela, le formateur peut intégrer régulièrement des interactions simples :
- poser une question ;
- demander un exemple ;
- réaliser un sondage ;
- proposer un mini-quiz ;
- faire réagir sur une affirmation ;
- demander aux participants de partager une expérience ;
- proposer une courte mise en pratique.
Ces interactions n’ont pas besoin d’être longues.
Une question de deux minutes peut suffire à relancer l’attention du groupe.
Utiliser les questions comme outil pédagogique
Les questions sont particulièrement efficaces pour maintenir l’attention.
Au lieu d’expliquer immédiatement une notion, le formateur peut commencer par demander :
« Selon vous, quelle est la principale erreur commise dans cette situation ? »
Les participants doivent alors réfléchir avant de recevoir la réponse.
Le formateur peut également utiliser des questions après une explication :
« Si vous deviez retenir une seule règle, laquelle choisiriez-vous ? »
Ou :
« Comment pourriez-vous appliquer cette méthode dans votre activité ? »
La question transforme l’apprenant en participant actif.
Faire varier les supports
Utiliser le même support pendant plusieurs heures peut également favoriser la monotonie.
Le formateur peut alterner :
- présentation ;
- tableau ;
- vidéo ;
- démonstration ;
- document ;
- étude de cas ;
- exercice ;
- échange collectif.
Le support doit cependant rester au service de la pédagogie.
Multiplier les outils uniquement pour créer de l’animation peut devenir contre-productif.
L’objectif est de varier les situations d’apprentissage, pas de transformer la formation en succession d’effets visuels.
Limiter la quantité d’informations affichées
Une diapositive contenant trop de texte peut également détourner l’attention.
Le participant doit alors choisir entre :
- lire la diapositive ;
- écouter le formateur.
Lorsque les deux contiennent une grande quantité d’informations différentes, la concentration devient difficile.
Une présentation pédagogique efficace privilégiera donc généralement :
- une idée principale par écran ;
- des phrases courtes ;
- des mots-clés ;
- des schémas ;
- des exemples simples.
Le support doit accompagner le discours du formateur et non le remplacer.
Utiliser les exemples
Les exemples permettent de rendre une notion plus concrète.
Une explication théorique peut rapidement devenir difficile à suivre.
Un exemple professionnel permet de reconnecter immédiatement le contenu à une situation connue.
Par exemple :
« Imaginons que vous deviez expliquer à un client pourquoi son projet ne peut pas être livré dans les délais prévus… »
La situation donne un contexte à la notion étudiée et facilite l’attention.
Prévoir des pauses
Les pauses font partie du dispositif pédagogique.
Elles permettent notamment aux participants :
- de se détendre ;
- de traiter certaines informations ;
- de discuter ;
- de revenir avec davantage d’attention.
Une formation très dense sans interruption n’est pas nécessairement plus productive.
Le temps consacré à la formation doit donc intégrer des moments permettant aux participants de récupérer leur capacité d’attention.
Être attentif aux signaux du groupe
Un formateur doit également observer son public.
Certains signes peuvent indiquer une baisse d’attention :
- peu de réactions ;
- regards détournés ;
- consultations fréquentes des téléphones ;
- absence de questions ;
- réponses très courtes ;
- fatigue visible.
Dans ce cas, il peut être utile de changer temporairement de méthode.
Par exemple :
« Avant de continuer, prenez deux minutes en binôme pour identifier un exemple dans votre activité. »
Cette courte interruption peut suffire à réengager le groupe.
À retenir
Maintenir l’attention des apprenants ne consiste pas à chercher en permanence à les divertir.
Il s’agit surtout de :
- donner du sens aux contenus ;
- alterner les activités ;
- limiter les longues séquences descendantes ;
- poser régulièrement des questions ;
- utiliser des exemples concrets ;
- varier les supports ;
- prévoir des pauses ;
- observer les réactions du groupe.
Le formateur doit régulièrement se demander :
« Mes participants sont-ils encore acteurs de leur apprentissage ou sont-ils devenus de simples spectateurs ? »


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